J’avais gardé le souvenir éblouissant d’une exposition, au musée Cantini de Marseille (1999), consacrée à 
OSKAR SCHLEMMER co-fondateur du Bauhaus.
Après coup, un chapitre de la monographie qui accompagnait cette exposition attira mon attention.  
« L’abstrait : Forme et Symbole ».
C’est à croire que j’étais en attente d’un signe pour enfin consacrer ce thème dans une exposition de photographie à venir.
 
Je voyais « forme et symbole » comme des outils, sorte d’extracteurs « d’images fractales ».  Le processus est troublant, s’agissant d’une photographie : l’image perd de plus en plus de sa signification objectale, jusqu’à son effacement complet. Elle ne peut plus, désormais, participer à la vision figurative.
 
La définition stricte et minimale de la photographie pourrait être la suivante: 
Une trace laissée avec la lumière d’un « objet réel », plus ou moins complexe, sur une surface chimiquement (ou électroniquement) sensible.
Autre définition, un autre monde, donnée par Salvador Dali dans « le témoignage photographique » en 1929 : la photographie nous offre mille images fragmentaires aboutissant à une totalisation cognitive dramatisée. Les deux sont exactes et complémentaires mais ce qu’exprime Dali rejoint parfaitement l’idée de « l’abstrait qui se cache »
Sans que les technologies ne soient impliquées, la définition technique se voit complétée par l’introduction de la notion d’abstraction, sorte de liant symbolique qui ne sera capté que par l’œil au service de l’inconscient ; notion très classique quand on « regarde » une œuvre d’art, et donc valable également pour la photographie. 
 
L’abstrait dans la photographie repose le plus souvent sur les formes géométriques, les lignes et les courbes, le reflet de la lumière, la texture, sans toutefois que l’image perde sa signification. On ne peut pas réaliser volontairement ce genre de photos. Le photographe prend sa photographie en intégrant instinctivement tous ces éléments. Interviennent alors les Formes et les Symboles, spécifiques de la photographie que l’on observe.
L’abstrait qu’il faut extraire de la photographie, transmet la sérénité ou l’anxiété, le mouvement ou le statique. En tous cas, elle renvoie des émotions différentes et complémentaires aux émotions objectales. 
 
Peut être un moyen d’expression plastique pour construire et créer de nouveaux codes visuels ?
 
L’idéal serait d’entraîner nos yeux à voir ce que notre mental interprète et nous fait nous sentir bien, comme lorsque l’on tombe sur une image ou une forme construite et supportée par le « nombre d’or » . Un bonheur magique qui nous est donné et qui se vit sans hystérie. Au contraire, il se peut que celui qui reçoit l’image subisse des conséquences négatives, sur son confort objectal, les mêmes causes n’ayant pas les mêmes effets.
 
Cette exposition présente des photographies qui se prêtent, sans complaisance, à une vision esthétique à plat. Et d’autres, qui sont porteuses, en profondeur, des liants, Formes et Symboles, dont il est question plus haut.
 
Remerciements.

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